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ingt mois après avoir été cédé pour 41 millions d'euros par Canal+ à un trio franco-américain d'investisseurs (Colony Capital, Butler Capital Partners et Morgan Stanley), le Paris-Saint-Germain possède un actionnaire principal unique. Butler Capital a annoncé, vendredi 11 janvier, réduire sa participation à 5 % et en céder 28 % à Colony Capital, qui, avec 62,5 %, détient désormais une confortable majorité.
Dans un entretien au Parisien, Walter Butler explique qu'il aurait souhaité "une rupture plus forte et plus rapide avec l'ère Canal+". Ce retrait partiel - Butler reste administrateur du PSG - donne à Colony Capital les coudées franches pour "poursuivre la reconstruction du club afin que le Paris-Saint-Germain (16e de la Ligue 1) retrouve rapidement le rang qui doit être le sien", commente Sébastien Bazin, président de Colony Capital Europe.
L'arrivée, en avril 2006, de Colony Capital dans le capital du PSG avait surpris. Ce fonds d'investissement américain est en effet plus connu pour ses activités dans l'immobilier que dans le sport. Sébastien Bazin n'a jamais été un grand fan de football. Il a surtout vu dans cette opération une possibilité de mieux exploiter le Parc des Princes. Car le PSG se décompose en deux sociétés : la Société anonyme sportive professionnelle (PSG SASP), centrée sur l'activité sportive, et la Société d'exploitation sports événements (SESE), titulaire de la concession du Parc des Princes jusqu'en 2014, l'équipement restant la propriété de la Ville de Paris. La SESE, présidée par Sébastien Bazin, a pour mission d'organiser les rencontres et d'autres événements, concerts et spectacles.
Même si M. Bazin assure ne pas interférer dans la gestion du club, présidée par Alain Cayzac, les piètres performances de l'équipe parisienne - qui ne possède que deux points d'avance sur le premier reléguable, Len - ne sont pas sans influence sur ses finances. "Cela m'agace, mais c'est loin d'être irrémédiable. Il ne faut pas regarder les résultats match par match mais juger sur le long terme, avec un horizon de quatre ans, déclare au Monde M. Bazin. Pour nous, le club de football n'est sûrement pas une danseuse, c'est un investissement très rationnel et il faut qu'il équilibre ses comptes."
C'est le montant même des droits de télévision, en grande partie liés à la notoriété du PSG, qui est menacé : seuls 11 millions d'euros sont en effet fixes. Le reste est à l'avenant des résultats. Or, cette recette représente la moitié du budget du club, qui était de 70 millions d'euros en 2007. L'autre moitié est alimentée par la billetterie (25 %), les sponsors, les parrainages, et la subvention de la Ville de Paris (25 %). Pour la première fois depuis dix ans, la SESE sera à l'équilibre en 2007, voire légèrement bénéficiaire.
Le projet de Colony Capital est clairement immobilier : faire du Parc des Princes un lieu de vie avec restaurants, loges, commerces et y organiser, outre les habituels concerts et spectacles, des événements variés, comme des brocantes. "Nous voulons ouvrir le stade aux riverains, qui ne doivent plus voir dans cet équipement une source de nuisances mais un lieu familial et de convivialité", détaille M. Bazin.
Pour mener ce projet à bien, de gros travaux sont nécessaires et donc d'importants capitaux qui ne peuvent être amortis sur une concession expirant dès 2014. La Mairie de Paris est donc un acteur incontournable du projet, en tant que propriétaire de l'équipement, autorité délivrant les permis de construire et partenaire ayant son mot à dire sur la billetterie et le prix des places. "C'est l'ensemble du secteur, avec Roland-Garros, le stade Jean-Bouin, le Tennis Club de Paris, le stade Pierre-de-Coubertin et même la piscine Molitor, pour laquelle nous sommes candidats sur l'appel d'offres en cours, qui doit être repensé", précise M. Bazin. Mais Colony Capital préfère reporter ces discussions après les élections municipales de mars prochain.
Quant aux travaux sur le Parc des Princes lui-même, ils devront être également soumis à l'approbation de la ville de Boulogne-Billancourt, concernée par les voies d'accès. L'architecte, Roger Taillibert, a aussi son mot à dire en tant qu'auteur de cet ouvrage qui a été inauguré le 4 juin 1972. A 81 ans, toujours à la tête de son agence et fidèle supporteur du PSG, dont il ne manque pas un match, il reste très vigilant sur l'avenir de son oeuvre.
"La France est très en retard dans la conception et l'exploitation de ses stades, souvent bien situés près de centres-villes mais sous-utilisés. Un match par quinzaine ne permet pas de valoriser ce gisement foncier, estime M. Bazin. Les collectivités locales ayant la maîtrise de ces infrastructures doivent nouer des partenariats avec le privé, qui peut apporter des compétences, du temps et, surtout, des financements."
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